Intervenants

IsabelleIsabelle

Chez mes parents, il y avait des livres partout. Dans ma chambre d’enfant, au-dessus du lit, il y avait une étagère avec des livres. Des livres de grands : Prévert, Pagnol, Hugo, qui n’avaient pas de place ailleurs…Lorsque j’ai appris à lire, on y a ajouté Les Petites filles modèles, les Lettres de mon moulin, le Club des cinq et sur la table de nuit une jolie lampe de chevet, pour que j’arrête de lire sous les couvertures… Plaisir de l’interdit, du « Dors maintenant » bafoué, puis de ces vies merveilleuses, de ces mots magiciens dans le livre, qu’on ne me lisait jamais. Lire à voix haute, quelle horreur ! Et puis la naissance de mes enfants, la découverte des albums, des yeux qui attendent la page suivante, l’histoire qu’on découvre, qu’on partage, puis qu’on connaît par cœur… Et à la maison, il y a des albums partout…

MarionMarion

Quand j’étais petite,  à la bibliothèque, j’ai découvert le conte des musiciens de Brême. Je l’empruntais, le réempruntais, encore et encore. La bibliothécaire me disait : « Tu sais Marion, nous avons d’autres livres ici »…
Rien à faire !
Je racontais même ce livre à mes parents.
Plusieurs années après, mon père faisait du rangement dans l’armoire de son travail. Il a retrouvé ce même livre qui m’avait tant fait voyager… un livre abimé, avec des pages déchirées. Mais toujours pour moi la même émotion !

Brigitte

Je ne sais par quelle opération subtile survient la passion des livres, toujours est-il que toute petite déjà, j’étais cernée par les mots : des pans de murs entiers de la maison étaient métamorphosés en bibliothèque et en guise de chaise haute, on me hissait à la table des « grands » à l’aide d’un énorme volume « le journal du Palais de 1754 » ! Je n’ai pu y échapper !
Mon premier livre marquant sur lequel j’ai versé beaucoup de larmes et que j’ai lu, re-lu et re-re-lu fut « Sans famille » d’Hector Malot.
Le plaisir de la lecture à voix haute a commencé à l’âge de 7 ans quand je me rendais dans la bergerie et que je lisais des histoires à un auditoire « bêêêat » et attentif composé exclusivement de… moutons ! J’ai dû garder longtemps en moi cette forte impression pour en faire mon métier des…années plus tard !!!

Celine

Mes meilleurs moments de lecture sont avec mon fils, Ewann (18 mois). Quand on se retrouve tous les deux, autour d’un livre qu’il aura été choisir dans sa bibliothèque et qu’il arrivera en courant, avec un grand sourire, en me tendant fièrement sa découverte. Quand il vient s’asseoir sur mes genoux et que l’on voyage ensemble autour de son livre. Ce sont des moments magiques. Ses yeux pétillent, il rit…. Ce sont des moments de grande complicité, des moments d’échanges exceptionnels….

Denise

Toute petite, j’étais avide de lire, mais je n’avais pas de livres. J’ai reçu mes premiers livres en cadeau quand j’ai été hospitalisée à l’âge de 10 ans. Je me souviens encore des titres : « Le traîneau de Manuela », « La cabane dans les sapins », et « La marquise en sabots ».Je voulais devenir « docteur pour enfants » et écrire des histoires pour enfants.
Je suis devenue éducatrice et auteur de pièces de théâtre pour le jeune public.
J’aime les livres parce qu’ils m’ont tant de fois sauvée du vide culturel. Ce sont les livres peut-être plus que les humains qui m’ont éduquée , bercée, gâtée, instruite, surprise, guidée, portée, transportée, épatée, sauvée.
Quand j’écoute Brigitte ou Odile lire un livre, je suis émerveillée comme un enfant. Quand je lis un livre à des enfants, je suis en même temps un enfant qui écoute. Bref, je transmets ce que j’aurais aimé qu’on me transmette lorsque j’étais une petite fille avide de livres.

Laurence

Quand j’étais petite, il y a très longtemps, ma maman institutrice et angliciste était cultivée et voulait que sa fille le soit également. Alors, en plus d’une éducation très sévère (bien avant la liberté donnée par mai 68), j’ai baigné dans les livres d’enfants. Mon livre préféré, que j’ai toujours, était un livre anglais, les nursery rymes. Les comptines traditionnelles anglaises. Je me souviens encore de la femme qui avait plein d’enfants et qui habitait dans une chaussure. Je revois très précisément l’illustration. Et aussi une histoire à doigt : this little one goes to the market… Le résultat a été en demi-teinte : j’ai toujours aimé les livres et ai transmis cet amour à mes enfants, mais j’ai de beaucoup préféré l’allemand à l’anglais!
Pour moi il n’y a que des bons moments de lecture, seule ou en groupe. Le best seller a été « la maison hantée », un des premiers livres animés : dans chaque pièce de la maison il y a des horreurs (un crocodile dans la baignoire, un squelette dans le placard, un fantôme au grenier…). Pour surmonter ses peurs et en rire, c’est parfait. Et quel plaisir d’anticiper la vue de l’araignée, ou le bruit de la scie à le dernière page !

Odile

Petite je regardais tous les jours le même livre, Caroline aux sports d’hiver. Caroline avait de belles couettes jaunes, pas moi. Elle avait une salopette rouge, pas moi. Un chat et un chien, pas moi. Et elle faisait du ski, pas moi. En plus, elle était intrépide… Je ne me souviens pas d’un adulte me lisant l’histoire, juste des heures passées à rêver avec cette petite fille. Je l’ai retrouvée il y a quelques années dans un bac de livres d’occasion. De temps en temps je la regarde et je souris à mon enfance.

Commentaires clos.